Gambie – U.S.A ou l’engrenage d’une démocratie groggy

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Il est de ces prises de positions qui donnent à sursauter de sa chaise au risque de s’écraser le fondement contre le sol. Il est ensuite de ces réactions pour lesquelles on a envie de s’interroger sur le statut du supposé plus intelligent de la classe. Il est enfin de ces nouveautés qui vous laissent pantois.
    Voici s’offrir à nous une autre variante de la démocratie portée à bout de bras par l’Amérique d’OBAMA.

Dans cette Afrique contemporaine où l’idéal tient au renversement des régimes autocratiques, où l’exaspération a poussé à bout les populations opprimés par tant d’années d’allégeance, on a presque toujours secrètement envie de féliciter les révolutions et d’encourager « l’irrévérence ». Rassurrez-vous, je ne viens pas vous réinformer de la tentative de putsch qui a raté Yaya JAMMEH. Je ne viens pas non plus vous exposer le tueur en série, desposte président de ce maigre État obstrué dans le ventre du Sénégal qu’est la Gambie. Je vous invite plutôt à analyser avec moi ce nouveau mode d’emploi du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »: j’ai nommé la démos-cratos.

De retour au pays, Yaya JAMMEH comme pour réaffirmer sa toute puissance à ses détracteurs, n’a pas manqué de citer certains États qui visiblement seraient impliqués dans la tentative de putsch qui l’a raté alors qu’il était encore en voyage officiel. Ainsi en a-t-il été des États Unis d’Amérique.

De fait, il a été révélé qu’à l’origine de la tentative de putsch, deux étasuniens d’origine gambienne ont été les « tireurs  de ficelles », que ce soit dans le recrutement des exécutants dans l’élaboration des combines ou dans la fourniture de la logistique. Même s’ils ont manqué leur cible, ces deux « salvateurs ratés » auront réussi à fuir la Gambie avec sûrement l’espoir de recevoir dans leur pays d’adoption, de chaudes félicitations et de la reconnaissance pour avoir au moins essayé de renverser le régime d’un Etats dont les citoyens en avaient sans doute marre. Mais peine perdue!!! Ces deux » archers » se sont vus arrêtés par le gouvernement américain en attendant d’être condamnés à au moins un quart de siècle de réclusion en vertu d’une loi qui punit les citoyens américains qui se seront rendus coupables d’immixion dans les affaires intérieures d’un État étranger. Même si le sort, de ces deux exilés semblent beaucoup plus enviable que celui des malheureux supposés complices restés en Gambie et qui vont devoir subir la furie du Président tueur, il conviendrait de s’interroger sur la position qui est celle des États Unis.

Eux qu’on savait attachés aux impératifs de démocratie comme nulle autre, eux qui les premiers félicitaient ceux qui réussissaient à arriver à bout des régimes dictatoriaux, eux qui partout faisaient l’apologie des institutions fortes, comment oseraient-ils donner l’air de cautionner un régime dont les populations semblent ne plus en pouvoir?

  Qui trompe qui???

Il me semble bien curieux, le fait que le gouvernement américain ait attendu d’être indexé par le Président Yaya JAMMEH de complicité d’atteinte à la sûreté de son État , pour le voir chercher à condamner les deux « naturalisés »! Chercherait-on du côté américain à prouver sa bonne foi au Président gambien? Si oui, à quelle fin, quand on sait qu’on est réellement la première puissance mondiale?

Ou alors, chercherait-on à réaffirmer au reste du monde que l’Amérique reste malgré tout attachée aux strictes valeurs de démocratie? Si oui pourquoi donc avoir applaudi le renversement de régime au Burkina Faso?

Les États-unis auraient-ils agi de la même manière si les deux instigateurs du soulèvement en Gambie avaient été des citoyens blancs américains?

Pour une Amérique qui tue les noirs désarmés et applaudit les assassins blancs, il faut vraiment en douter.

Gbégnédzéanyi.

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