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Le point de l'observateur
Article : GUELI Koffi ou la pépite qui aiguise les appétits
Sport
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29 mai 2015

GUELI Koffi ou la pépite qui aiguise les appétits

Crédit-photo: Arnaud BOCCO

Rompre avec la monotonie des frustrations politiques qui tapissaient nos colonnes, stigmate de combats rondement menés sans aucun espoir de les remporter, et baigner dans un environnement nettement plus reposant, voilà ce qui nous a poussé à trancher littéralement avec ce que nous avions l’habitude de vous proposer. Pour ce faire, « le point de l’observateur » s’est donc mis en quatre pour vous recueillir les mots d’un jeune footballeur togolais, qui, par ses prestations draine pas mal d’attentions vers Bâta en Guinée équatoriale où nous avons du nous rendre. GUELI Koffi répond donc aux inquiétudes qui doivent sûrement être les vôtres en ce moment précis où il semble en passe de se faire enrôler sous le drapeau d’un pays autre que le sien. Voici son coup de gueule.

-GUELI Koffi, bonjour.

-Bonjour monsieur.

–Comment vous allez?

    –Bien bien!

–Après être passé brièvement dans l’élite togolaise, vous avez parcouru entre autres le Stade Mandji de Port-gentil au Gabon, le Rayon Sport de Kigali, l’ASFA Yenenga du Faso et aujourd’hui, vous êtes au Déportivo Mongomo de la Guinée équatoriale. Alors, la première question qui nous vient à l’esprit est de savoir quelle comparaison vous en faites avec la division première togolaise.

    –Merci. Le championnat togolais a un bon niveau, mais les moyens manquent. Par contre ici, le niveau n’est pas mal et vous avez du voir par vous-même, c’est plutôt bien organisé.

–Quand vous dites que les moyens manquent au Togo, qu’entendez vous par ce manque de moyens?

    –Les clubs togolais ne sont pas structurés comme il le faut et les subventions accordées aux clubs ne leur permettent pas de réaliser de grandes choses. C’est au Togo seulement que vous pouvez encore voir un joueur avec un salaire en bas de cent milles francs CFA.

–Ah oui? C’est dire que vous gagnez beaucoup ici maintenant! Non? Ça doit faire rêver là!

    –Pas mal pour moi! Pas mal! Je ne me plains pas de ma situation.

–Alors, pour faire beaucoup plus sérieux, dites-nous, comment se déroule votre saison ici au Déportivo Mongomo? Vous avez suffisamment de temps de jeu? Vous avez combien de buts à votre actif?

    –Bien bien pour le moment! Au début je n’avais pas assez de temps de jeu, mais aujourd’hui Dieu merci, je suis au devant de la scène avec huit buts en douze matchs de championnat et deux autres buts en trois matchs de coupe de la Guinée.

–On dit de vous que vous avez le flair du but, cela se confirme-t-il comme cela?

-Tout va bien pour le moment, et comme on ne pas danser et se voir soi-même entrain de le faire si bien, je remercie seulement Dieu et je laisse les commentaires se faire!

–Cela vous dirait de mettre ce talent au service de la sélection nationale togolaise?

    –Pourquoi pas? Le rêve de tout jeune, c’est d’arborer la tunique de son pays, donc si l’occasion le permet, je dirai Dieu merci!

–Vous semblez donc disposé à répondre à l’appel de votre Togo natal, mais seulement voilà, il y a quelques jours, le président du Déportivo Mongomo en la personne de CANO l’artiste, intime l’ordre à GUISON Blaise votre coach, lui qui ne semblait pas très imbu de vos prestations, ce qui plus tard lui coûtera d’ailleurs son poste, de vous faire jouer en quart de finale de la coupe de la Guinée. Vous profitez pour mettre une fois encore tout le monde d’accord avec un but et une passe décisive. À la fin du match le sélectionneur du N’zalang national vous invite à faire partie de son écurie, le président de la fédération reviendra également à la charge. Pendant ce moment, dans la mère patrie, l’on ne se bouscule pas pour mieux faire les choses, voire vous convoquer en sélection. Ce doit être bien tentant pour vous non? Seriez-vous prêt à servir sous les couleurs d’une autre nation?

    –Servir une autre nation en effet, ne m’est jamais venu à l’esprit. Mais aujourd’hui, je fais face à une situation délicate. Mon seul souhait c’est d’arborer la tunique de mon pays, mais voilà que rien ne bouge du côté du 228 pour le moment. Et puisque << nul n’est prophète en son pays>>, si pour l’heure, mon pays ne me fait pas confiance et qu’un autre veut profiter de mon talent, tant mieux! À défaut du chien, on amène le chat à la chasse! Il t’aidera à attraper ne serait-ce qu’une souris!

–En servant sous un drapeau étranger, êtes-vous sûr de pouvoir le faire à coeur joie?

    –Servir sous les couleurs d’une autre nation, ce peut être possible si cette dernière reconnaît votre valeur!

–Tout semble dit!
    Alors, parlons un peu de vous. Pour un footballeur du sud du Sahara, vous avez plutôt un remarquable speech! Comparativement à vos homologues qui n’ont pas cette facilité d’expression dans la langue de Molière! Sans toutefois vouloir nous montrer indiscret, nous est-il donné de connaître votre niveau d’étude?

    –Sans me vanter, je sais que j’ai fréquenté, mais pour mon niveau d’étude, je n’en parle pas souvent.

–GUELI Koffi, nous arrivons presque à la fin de notre entretien, voudriez-vous profiter de notre micro pour dire un mot à des proches? On sait que vous avez un frère qui a tout donné pour que vous arriviez au niveau où lui n’a pas pu en tant que gardien de but, vous avez également un petit neveu qui ne jure que par vous malgré toute la pléiade de stars qui existent aujourd’hui dans le monde du football, puis vos parents et vos amis, qu’ avez vous à leur dire?

-Je voudrais à travers votre micro, tout d’abord vous remercier pour le boulot que vous abattez pour l’évolution du football africain en général et celui du Togo en particulier. Un grand merci à tous ceux qui de près ou de loin ne ménagent aucun effort pour ma réussite; mon frère, mes soeurs, mes neveux et nièces. Mes entraîneurs, et présidents par qui je suis passé ne sont pas du reste. Je ne puis citer tout le monde, donc merci à tous et surtout à vous autres hommes de médias qui faites de nous ce que nous sommes. Merci et que le Tout Puissant nous protège pour un lendemain meilleur.

–GUELI Koffi, merci.

    -Je vous en prie.

GUELI Koffi a dit.

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18. mai
2015
Politique
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« Afôkou » ou danger: Nkurunziza crie au malheur

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Confectionner ses ambitions à proportion de ses moyens et à la mesure des possibilités dont on dispose, cela ne doit sûrement avoir que du bénéfice.

En annonçant ce mercredi 12 mai 2015, sur les ondes d’une radio privée, la destitution du président de la République, le général Godffroy NYOMBARÉ, accompagné d’une poignée de hauts responsables de l’armée burundaise, eux tous profitant des mouvements de contestation relatifs au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA, croyaient sûrement pouvoir venir à bout de ce régime après seulement quelques jours de combat autour des médias d’Etat essentiellement. C’était sans compter avec la détermination de la garde présidentielle et des équipements dont elle était pourvue.

Sans même s’assurer de ce que ces mutins seraient à même de remporter la partie, la presse internationale, dans un élan de fuite en avant a commencé à peindre un paysage digne d’un après Pierre NKURUNZIZA. Même des journalistes aux voix nettement plus autorisées sont allés si vite en besogne en prophétisant qu’il ne resterait plus au président burundais qu’à obtenir l’asile politique auprès de son homologue tanzanien, qui lui, se devrait de le retenir. L’on voudrait bien savoir au nom de quel principe!

Seulement voilà que telle une vulgaire buchette d’allumette, la mutinerie qui a eu la bien malheureuse inspiration de se greffer sur une contestation populaire tout aussi moribonde, s’est éteinte devant le surarmement, si j’ose m’exprimer ainsi, de la garde présidentielle. Tout cela ne fait pas du tout bon pour la démocratie africaine en générale, et pour l’équilibre du Burundi en particulier.

A présent tous ceux qui commettaient la légèreté de banaliser un coup d’Etat, devront se faire à l’évidence qu’il s’agit en fait d’une chose qui se prépare, d’une entreprise qui se réfléchit mûrement. Suis-je presque tenté de dire: ou ça passe, ou ça passe.

Toutes les populations des autres États d’Afrique qui oseraient se laisser contaminer par le syndrome du 30 octobre burkinabé, devraient réfléchir par plusieurs fois au dessein qu’elles seraient tentées de projeter. Je pense à la RDC, au Congo Brazza, et pourquoi pas au Togo?

Et ensuite?

    Ensuite, il conviendrait de constater avec regret que c’est un boulevard qui s’ouvre devant la furie répressive du président NKURUNZIZA Pierre, qui sûrement devrait considérer qu’il faisait juste un tarif minimum à l’endroit des populations contestataires de son projet de troisième mandat.

Déjà que monsieur Pierre est revenu de sa cachette beaucoup plus ragaillardi que jamais, avec la confiance et la détermination de celui qui a su triompher de ses ennemis, et que les plus grosses pointures de la mutinerie commencent à être mis au « gnouf », le peuple burundais devrait avoir bien du souci à se faire.

Le troisième mandat tant désiré par le président devrait être obtenu sans grandes difficultés, les libertés publiques devraient être encore plus mises à mal et dans cette morosité réelle, c’est la population qui se trouverait beaucoup plus martyrisée.

S’il est un conseil que je puis donner à Pierre N’KURUNZIZA, c’est de se montrer tolérant envers ses dissidents, et s’il se sent beaucoup trop orgueilleux pour devoir se priver d’un troisième mandat présidentiel, il devra s’atteler à organiser un scrutin électoral propre et dépourvu de toute souillure. Il devra avoir le courage de s’éclipser au cas où l’on ne votait pas pour lui. Il n’y a que comme cela qu’il pourrait confirmer qu’il n’est pas en fait le dictateur sanguinaire que l’on disait de lui.

Gbégnédzéanyi.

Gnouf: prison (dans le langage militaire d’Afrique).

« Afôkou »: Danger en Éwé (vernaculaire parlé dans le sud du Togo.)

Gbégnédzéanyi: j’ai dit en Éwé

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08. mai
2015
Politique
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Chronique d’une victoire aux antipodes de la normale: Faure triomphe sans gloire

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Crédit photo: Arnaud BOCCO

Êtres humains normalement constitués, à l’état de nature sujets à orgueil, à fierté et à imposture, nous savons tous l’envie que cela donne que de vouloir faire savoir à tout le monde lorsque nous réalisons un exploit hors de l’ordinaire. Un examen de réussi, nous espérons être congratulés de tout le monde. Un geste inhabituel de réalisé, l’on se doit de nous aduler! Même pour d’irrecommandables insanités commises, l’être humain cherche parfois à être reconnu de ses semblables: un air de défi s’il en est, aux bonnes moeurs. Mais ce qui devrait frustrer, intriguer et donner à réfléchir à tout individu doué de raison et de toute la jugeote possible, c’est de devoir réaliser un exploit à la mesure d’une élection présidentielle remportée, et de ne susciter même pas les ovations de ses pairs. C’est en substance la pièce de théâtre qui se joue actuellement au Togo, chez moi.

Ce mardi 28 avril 2015, la Commisson Electorale Nationale indépendante (CENI), par la voix de son président  IssifouTaffa TABIOU proclamait les résultats du scrutin présidentiel auquel les togolais ont plus ou moins participé sur l’ensemble du territoire de ce tout petit État d’Afrique de l’ouest, qui par ses agissements et ses frasques, se montre parfois assez atypique par rapport à ses voisins immédiats, et pas seulement.

 

Sans toutefois vouloir m’appesantir sur ces sempiternelles bruissements d’élections truquées, de bourrage d’urnes ou de fichier électoral corrompu dont moi citoyen lambda je n’ai d’ailleurs pas la preuve, une seule et unique chose qui bouscule sans cesse ma quiétude, est l’apparente indifférence des chancelleries internationales à l’égard de la victoire du président Faure.

 

Nous savons tous le ballets auquel ces gens se livrent à l’égard de leurs pairs; excès de zèle oblige, lorsque ceux-ci, consciemment, ou, le plus souvent par maladresse, se rendent capable du meilleur.

 

Appels téléphoniques par ci, messages de félicitation par là, réchauffement des relations internationales plus loin, et j’en passe  et des meilleurs. Mais dans le cas du Togo, presque rien de tout cela à l’issu du verdict final.

 

Cette élection que le président, « Miabé Faure » (« notre Faure ») a remportée haut les mains, sans bavure, sans infusion de sang, sans même la moindre contestation solide, lui qui est né pour gouverner ce pays, lui qui sur tout ce territoire est le seul capable de conduire comme il se doit les destinées de cette nation, l’on se demande pourquoi les grands de ce monde restent si timides à son égard. L’on s’intrigue à la seule idée de ne pas les voir se livrer à l’exercice d’accoutumée auquel les relations d’égal à égal les oblige.

 

L’on se rappelle qu’avant même que les résultats annoncés aux togolais ne soient livrés à la stupeur de tous, des intermédiaires à la personne des présidents ivoirien (Allassane OUATARA) et ghanéen (Dramani MAAMA) ont du venir appuyer sur l’accélérateur de la commission électorale. Même ceux-ci n’ont daigné officiellement congratuler leur homologue togolais.

 

Même la France qui reconnaissait sans la moindre hésitation la victoire d’Allassane OUATARA dans le dernier scrutin présidentiel de la Côte d’Ivoire, a préféré retourner à sa vieille tradition de prudence en ce qui concerne l’ingérence dans les affaires intérieures d’un État tiers. Seul le représentant des Nations Unies en Afrique de l’ouest, Mohamed Ibn CHAMBASS a feint de reconnaître la victoire de Faure  dans un chuchotement à peine perceptible de la fameuse formule d' »élection crédible, transparente et équitable. »

 

L’on est au comble de la forfaiture: un air de foutage de gueule savamment orchestré.

 

Et après?

 

Et puis après, mais rien!
Le lendemain matin, l’air cachant mal le sentiment de dépit qui les animait, le mécanicien du quartier était à son poste de travail, le menuisier à califourchon sur le toit de l’immeuble en construction, le « zémidjan-man » avait sa moto enfourchée entre les jambes.
Même l’opposition politique, si fidèle à ses habitudes contestataires s’est vue prise à contre-pied. Elle n’a même pas eu le temps de râler comme d’habitude. Et dans la foulée, la cour constitutionnelle a confirmé le résultat que l’on disait provisoire.  Le président déclaré, sans tambour ni trompette  et dans la stricte intimité de son parti a ensuite prêté serment, puis c’est reparti pour cinq autres longues années de gouvernement à « la sauce Faure. » N’allez pas me demander ce qu’est « la sauce Faure »! Sinon, suivez mon regard…

 

  Et alors?

 

Et alors, mais plein de choses! En attendant que l’opposition togolaise se dote de réelle stratégie politique pour espérer contrer les aspirations du pouvoir en place, le président Faure devra le plus tôt possible s’atteler réellement aux préoccupations de l’heure.

 

Il s’agit en effet de se mettre au diapason des exigences démocratiques qui par ces temps d’ouverture d’esprit, se résument à la limitation de mandats à deux au maximum.

 

Faudra-t-il ensuite solutionner les nombreuses, réelles et indispensables aspirations du fonctionnaire togolais lambda qui menace de reverser dans ses mouvements de grève à répétition; lui qui paradoxalement, aurait préféré renouveler sa confiance au prince.

 

Le président Faure devra enfin jeter un regard de compassion du côté de l’apprenant togolais qui jusqu’à ce jour se demande toujours si étudier est pour lui un droit, ou une faveur à lui octroyée par la clémence de ses dirigeants. Tout cela fait vraiment beaucoup. Et il n’y a que comme cela que l’on ne nous traitera plus de pays démocratique, juste par charité chrétienne.

Gbégnédzéanyi.

 

Miabé Faure: l’un des nombreux slogants de campagne du président Faure.
Zémidjan-man: conducteur de taxi-moto.

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18. févr.
2015
Non classé
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Que la lumière soit…

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Comme toutes les semaines, les juristes en gestation de la Faculté De Droit de l’Université de Lomé, armés de leur courage indien et persuadés que le meilleur pour eux reste à venir, se sont encore empaquetés dans l’amphithéâtre A Droit, bravant la chaleur accablante et l’insoutenable inconfort pour suivre leur traditionnel cours des « entreprises en difficultés ».

A peine avait-on commencé par lire les premières lignes que piouf!!! Haut-parleurs et microphones se sont décidés à ne plus émettre de leur son. De quoi frustrer enseignant et apprenants contraints à partir de cet instant à jouer malgré eux au jeu de cache-cache auquel la Compagnie Énergie Électrique du Togo les obligeait. Cet état de chose a dû me rappeler un éditorial que mes oreilles ont surpris à la Radio France International il y a quelques années. Appréciez avec moi la faculté qu’ont les penseurs de ce continent de pouvoir rappeler par le simple coup de plume, à nos dirigeants, leurs incapacités et pourtant!

<< Que de pénurie de leadership! Disons éclairé, de ne pas entendre les messages de rugissement du fleuve Congo est tout au moins le signe d’une incurable surdité.

    Mais comment demander à des dirigeants qui n’ont rien su tirer de l’énergie et de la vitalité de leur jeunesse, de faire accoucher à la nature le courant pour y radier une économie qui en réclame pour décoller? Certes, il arrive à des États relativement bien gérés tels l’Afrique du sud, d’être durement atteints par les pénuries, et donc le délestage. Mais tous ne sont pas atteints de la même façon.

    Au fond, le taux de couverture d’un pays en termes d’énergie électrique permanente pourrait être un critère de mesure, sinon de bonne gouvernance, du moins, de la volonté des gouvernants de développer leurs nations.

    Dites-moi combien de barrages vos dirigeants ont construit et je vous dirai quels rêves ils nourrissent pour votre peuple.

    Dès 1961, Kwame N’KRUMAH à qui l’on reprochait beaucoup ses rêves de grandeur, a fait construire sur la volta dans les gorges d’Akossombo, le fameux barrage hydroélectrique du même nom. Les principaux voisins du Ghana dépendent encore aujourd’hui de l’électricité produite par cet ouvrage.

    Abidjan, Brazza, Dakar, telle une maladie honteuse, l’épidémie de délestage gagne les capitales africaines les unes après les autres. La présence du courant électrique devient un luxe dans les maisons et les entreprises surtout les plus petites n’en finissent pas de dépérir du fait de l’incapacité à produire de manière régulière.

    À quoi sert-il de parler de développement, si l’Afrique ne peut s’offrir l’énergie nécessaire à son industrialisation? Voilà cinquante ans que l’on nous vante le site d’Inga, dont le débit exceptionnel du fleuve Congo suffirait à alimenter toute l’Afrique sub-saharienne.
   
    Éternel projet dont le seul handicap est d’être situé en Afrique noire et pas en occident ou en Asie.

    INNNGA!!! Son nom résonne dans nos têtes comme une affligeante preuve de l’incapacité de nos dirigeants à réellement se mettre ensemble pour sortir leur peuples des ténèbres.>>

Jean-Baptiste PLACCA a dit!

Gbégnédzéanyi.

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30. janv.
2015
Politique
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Gambie – U.S.A ou l’engrenage d’une démocratie groggy

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Il est de ces prises de positions qui donnent à sursauter de sa chaise au risque de s’écraser le fondement contre le sol. Il est ensuite de ces réactions pour lesquelles on a envie de s’interroger sur le statut du supposé plus intelligent de la classe. Il est enfin de ces nouveautés qui vous laissent pantois.
    Voici s’offrir à nous une autre variante de la démocratie portée à bout de bras par l’Amérique d’OBAMA.

Dans cette Afrique contemporaine où l’idéal tient au renversement des régimes autocratiques, où l’exaspération a poussé à bout les populations opprimés par tant d’années d’allégeance, on a presque toujours secrètement envie de féliciter les révolutions et d’encourager « l’irrévérence ». Rassurrez-vous, je ne viens pas vous réinformer de la tentative de putsch qui a raté Yaya JAMMEH. Je ne viens pas non plus vous exposer le tueur en série, desposte président de ce maigre État obstrué dans le ventre du Sénégal qu’est la Gambie. Je vous invite plutôt à analyser avec moi ce nouveau mode d’emploi du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »: j’ai nommé la démos-cratos.

De retour au pays, Yaya JAMMEH comme pour réaffirmer sa toute puissance à ses détracteurs, n’a pas manqué de citer certains États qui visiblement seraient impliqués dans la tentative de putsch qui l’a raté alors qu’il était encore en voyage officiel. Ainsi en a-t-il été des États Unis d’Amérique.

De fait, il a été révélé qu’à l’origine de la tentative de putsch, deux étasuniens d’origine gambienne ont été les « tireurs  de ficelles », que ce soit dans le recrutement des exécutants dans l’élaboration des combines ou dans la fourniture de la logistique. Même s’ils ont manqué leur cible, ces deux « salvateurs ratés » auront réussi à fuir la Gambie avec sûrement l’espoir de recevoir dans leur pays d’adoption, de chaudes félicitations et de la reconnaissance pour avoir au moins essayé de renverser le régime d’un Etats dont les citoyens en avaient sans doute marre. Mais peine perdue!!! Ces deux » archers » se sont vus arrêtés par le gouvernement américain en attendant d’être condamnés à au moins un quart de siècle de réclusion en vertu d’une loi qui punit les citoyens américains qui se seront rendus coupables d’immixion dans les affaires intérieures d’un État étranger. Même si le sort, de ces deux exilés semblent beaucoup plus enviable que celui des malheureux supposés complices restés en Gambie et qui vont devoir subir la furie du Président tueur, il conviendrait de s’interroger sur la position qui est celle des États Unis.

Eux qu’on savait attachés aux impératifs de démocratie comme nulle autre, eux qui les premiers félicitaient ceux qui réussissaient à arriver à bout des régimes dictatoriaux, eux qui partout faisaient l’apologie des institutions fortes, comment oseraient-ils donner l’air de cautionner un régime dont les populations semblent ne plus en pouvoir?

  Qui trompe qui???

Il me semble bien curieux, le fait que le gouvernement américain ait attendu d’être indexé par le Président Yaya JAMMEH de complicité d’atteinte à la sûreté de son État , pour le voir chercher à condamner les deux « naturalisés »! Chercherait-on du côté américain à prouver sa bonne foi au Président gambien? Si oui, à quelle fin, quand on sait qu’on est réellement la première puissance mondiale?

Ou alors, chercherait-on à réaffirmer au reste du monde que l’Amérique reste malgré tout attachée aux strictes valeurs de démocratie? Si oui pourquoi donc avoir applaudi le renversement de régime au Burkina Faso?

Les États-unis auraient-ils agi de la même manière si les deux instigateurs du soulèvement en Gambie avaient été des citoyens blancs américains?

Pour une Amérique qui tue les noirs désarmés et applaudit les assassins blancs, il faut vraiment en douter.

Gbégnédzéanyi.

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17. janv.
2015
Sport
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CAN Ébola 2015: ça y est… c’est parti!!!

 

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Trentième édition de la Coupe Africaine des Nations, la compétition en vers et contre tout, aura finalement lieu.

« Ébolera », n’ « ébolera » pas? Voilà, l’ultime interrogation à laquelle l’on n’a pas encore trouvé de réponse.

Depuis que la Guinée Équatoriale, au pied levé a été portée à accueillir cette énième édition de la Coupe d’Afrique des Nations, l’on a semblé poussé un « ouf » de soulagement, plutôt un « ouf » de désintéressement, notamment du côté de la confédération africaine de la discipline.  Et depuis, comme pour feindre d’oublier ce pourquoi le Maroc s’est retiré de la chose, plus personne ne semble se soucier de la santé des vrais  acteurs du jeu, joueurs et supporters compris./2014/11/17/ebolamment-parlant-soyons-plus-serieux/ ‎

On a presque envie de s’imaginer qu’un pacte de non-agression avait été signé entre Ébola et Issa.

Dans cette Afrique où la très vilaine tradition voudrait que l’on fasse toujours les choses en laissant derrière des détails qui ne se devraient pas d’être négligés, moi Arnaud, je voudrais bien espérer que les dispositions adéquates ont été prises, que l’on ne viendra pas s’apitoyer de n’avoir pas voulu laisser échapper cette trentième édition de la Coupe Africaine des Nations au nom d’un supposé risque de chamboulement du calendrier des des autres compétitions. Je voudrais pouvoir prophétiser, que la CAF et ISSA Ayatou, à l’issue du tournoi, pourront se gargariser d’avoir fait le bon choix en sanctionnant le Maroc.

Et en attendant???

En attendant, l’heure semble donc à la fête et face à toute cette émulation joyeuse, ce n’est pas moi qui vais jouer à l’oiseau de mauvais augure.

Plus qu’une simple compétition, ce tournoi reste et demeure une occasion pour toute cette jeune génération qui désire se faire une place sous le soleil du football. Nous espérons juste que de nouvelles pépites seront dénichées, qu’on n’entendra plus de bruit de primes non payées, de séances d’entraînement boycottés, ou encore d’insuffisance de rendement de la part des supposées stars.

Même si l’on va un peu regretter l’absence de quelques grands noms, entre autres ÉTO’O, DROGBA, M’PUTU et ADEBAYOR, on peut toujours se contenter de la présence de quelques « ancêtres » de cette compétition comme Claude LE ROY, Seydou KÉÏTA et KIDIABA Robert. Vivement donc le coup d’envoi, les dribbles, les feintes, les cous du foulard, les ponts (petits et grands), les belles parades, les lourdes frappes surtout et enfin beaucoup de buts.

Vivement ce soir, vivement Bâta!!!

Gbégnédzéanyi.

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24. déc.
2014
Société
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Le blogging: cette passion qui ne fait pas des passionnés

  

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  « Pour cacher quelque chose de bien à l’africain, il suffit de le mettre dans un livre ». Cette affirmation à bien des égards très insultante, je n’ai jamais su m’en accomoder jusqu’au jour où la paresse de lire s’est manifestée sous mes yeux.

L’atelier des médias a livré il y a quelques lunes, les résultats de la quatrième saison du concours mondoblog. Et comme je l’espérais, j’ai été parmi les heureux élus.

Vous ne pouvez pas imaginer quel joie cela fait au jeune africain d’avoir son mot à adresser au monde.

Désormais, je faisais partie des internautes les mieux hébergés au monde. Je n’allais plus me contenter d’écouter Jean-François CADET présenter son édition du journal sur Radio France Internationale. Je n’allais plus me résigner à entendre Laurent SADOU faire ses tournures à n’en plus finir dans son créneau quotidien d’ « Afrique-midi ». Alain FOKA allait moins me narguer avec son « débat africain » de chaque dimanche matin. Bref, j’étais devenu camarade avec les journalistes de Rfi; j’étais désormais leur collègue. Seulement qu’eux autres ont leur bureau à Issy-les-moulineaux alors que moi ,je suis en Afrique.

Pour tout connaisseur du continent africain, où l’on en a marre de végéter dans le néant, où tout le monde a cette folle envie d’émerger, où personne n’hésite à faire savoir à tout le monde qu’un brun de gloire a commencé par parfumer son quotidien, travailler d’une manière ou d’une autre avec Radio france internationale, était une information à divulguer le plus possible, à faire savoir à tout le monde.

Et puisque je suis un africain comme tout les autres, et togolais de surcroît, je n’allais pas feindre de ne pas vouloir être connu. Voilà maintenant que, si en tant que blogueur, j’avais envie de me faire savoir, le moindre geste, c’était de l’annoncer à mes copains; de ventiler le plus possible le nom de mon blog. Bref, je devais me faire lire. C’est justement ici que dame désillusion refait surface, et avec quelle violence! C’est dans l’accomplissement de cet exercice que le jeune blogueur en gestation se refait à l’évidence qu’entre lui et Juan GOMEZ, il y a une énorme falaise. Qu’il n’est pas le camarade de Hassane DIOP. Qu’il ne ressemble même pas à Peter DOGBE.

Ce matin de décembre 2014 comme tous les autres, je me suis réveillé avec cette sempiternelle envie de me faire lire le plus possible. Le hasard faisant bien les choses, je suis tombé sur un groupe de camarades qui squataient la connexion internet d’un heureux bienfaiteur qui n’a pas eu le réflexe de câbler son réseau. Quel meilleure occasion pouvait s’offrir à moi!?! Du coup je n’ai pas hésité à faire croire à tout le monde que j’étais un voisin de Ziad MAALOUF. Comme à chaque occasion, je réussis, à capter l’attention de tout le monde. On s’empresse de se connecter à mon blog, je propose les meilleurs de mes billets, et tout le monde commence à lire. Mais comme toujours le mal héréditaire rattrape les lecteurs: la paresse de lire…

 

 

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    presque tout le monde a à peine lu la moitié d’un article, puis a promis d’y retourner, avec cette question qui revient à chaque fois: « comment arrives-tu à raconter tout cela »?

Dans cette Afrique où la faim constitue le lot quotidien du citoyen lambda, où la capacité économique ne permet pas de s’offrir un roman plutôt qu’un sac de riz, dans cette Afrique où la lecture n’a pas toujours été la priorité des uns et des autres, il faut avec regret se refaire à l’évidence que pour cacher quelque chose de précieux à l’africain, il faut toujours le mettre dans un livre.

    Au Togo, on se rappelle que la miss Togo 2014 avait choisi de promouvoir la lecture durant tout le temps que va durer son règne, mais en attendant, les premières campagnes de lecture se font attendre.

Pour ma part, je vais continuer par me déverser sur « le point de l’observateur » en espérant que la lecture saura coloniser avant longtemps le quotidien du nègre.

Gbégnédzéanyi.

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19. déc.
2014
Éducation
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Et les « moutons » se taisaient

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Le plus haut degré d’inertie de l’espèce humaine, c’est le point de ne pouvoir faire respecter non pas ses droits les plus élémentaires, mais plutôt et seulement la bienséance.


À part le fait de devoir abandonner sa couchette à des heures pas imaginables pour espérer se tailler une place dans les escaliers des rares amphithéâtres de l’Université de Lomé, à part le fait de devoir partager journellement  leurs salles de cours avec des oiseaux de la basse cour venus en sporadiques ballades, à part le fait de devoir donner un coup de main à leurs bus quotidiennement en panne…,

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…les étudiants togolais se sont depuis un moment retrouvés à subir, sans mot dire, l’illustration du foutage de gueule.
En cette après midi de décembre 2014, alors que la canicule, en collaboration avec un léger vent d’harmattan se faisait encore tenir en respect, les juristes en gestation de la Faculté de Droit de l’Université de Lomé s’étaient empaquetés comme toujours dans « l’amphithéâtre A Droit » dépourvu de tout  système de ventilation,  pour suivre le cours du « Droit des entreprises en difficultés ». C’était à croire qu’ils étaient déjà eux mêmes à bout de leurs propres difficultés.

    Et l’absurdité fut…
C’est précisément en cet instant qu’un balayeur de la cour du campus a eu la très généreuse inspiration de rappeler au typique étudiant togolais qu’il était « mouton ». Oui! Mouton!
Le technicien de surface venait de terminer son balayage. Au lieu de s’échiner à ramasser le tas d’ordure qu’il venait de fabriquer, l’ouvrier indélicat a eu la très ingénieuse inspiration d’y mettre plutôt du feu, histoire de s’abréger les peines. Ce fut sans compter avec tout ce qu’il y avait autour de lui comme bâtiments, étudiants et personnel enseignant.
Pendant près d’un quart d’heure, l’atmosphère de la salle de cours de l’amphithéâtre A Droit s’est révélée invivable. Ici, on suffoque. Là-bas, on tousse. Plus loin, on s’indigne et on injurie comme seules savent si bien le faire les filles. Puis, quelques instants instants après, la fumée se dissipe, tout le monde se tait et le cours reprend comme si de rien n’avait jamais été.
    Puis après???
Euuuuh… puis après? Puis après, mais rien! Et c’est précisément ici que l’expression « étudiant mouton » prend tout son sens.
A la ferme agricole de mon père, il suffit souvent de faire un geste inhabituel, de faire venir un individu étranger, bref d’indisposer un temps soi peu les bêtes pour qu’elles se mettent à alerter le maître des lieux, qui de bêlements, qui de caquetages ou de chants très indisposants. Mais puisqu’en bon juriste, il ne faille jamais accuser juste pour le plaisir de le faire, je me suis donc promis d’aller voir, en fin de séance, s’il y avait créature meilleure que les bêtes de notre ferme.
Dans une société où chacun connaît ses droits, où chacun maîtrise les limites de sa liberté et où tout le monde sait jusqu’où ne pas aller trop loin, avant même que les autorités universitaires fussent mis au courant des écarts de conduite, ce technicien de surface indélicat aurait été interpellé et rappelé à l’ordre par n’importe quel étudiant, n’importe quel passant, ou n’importe quel enseignant. Mais puisque nous sommes en présence d’un genre de citoyen tout à fait particulier, personne n’a bronché. À la fin du cours, je suis allé chercher l’individu qui avait eu la très « ingénieuse » inspiration de nous faire fumer alors même que les conditions d’étude nous mettaient suffisamment bien à mal. J’étais allé voir s’il y en avait qui pouvaient rappeler le balayeur à l’ordre. Peine perdue! Sur les lieux, je n’ai pu voir, ni « fumeur » ni « fumés » et comble de la bêtise,…

image

le tas d’ordure était toujours là, fumant à n’en pas finir, avec les étudiants qui faisaient leurs navettes quotidiennes avec l’air impertubable. C’était à croire que tout était normal, que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

    Heureux étudiants togolais, leaders de demain, dans la fumée plongés!

Ils n’ont pas que ça à faire! Ils doivent se dépêcher pour se tailler une place dans les escaliers! Faire la queue devant les rares photocopieuses du campus! Ameuter leurs camarades à coups de sifflet pour réclamer à l’autorité leur maigre ration d’allocation de secours!

Voilà un peu le genre d’intellectuel que le système éducatif togolais forme. Sur le plan politique non plus, le tableau n’est pas plus reluisant.

Allez demander aux togolais de réclamer la baisse des prix du carburant à la pompe, ou de réclamer à togocel une meilleure tarification de la connexion internet, ou encore d’aller rappeler à Faure GNASSINGBE que l’idéal démocratique de nos jours tient à deux mandats au plus,et vous entendrez de toutes les sottises et de toutes les âneries.

« Dans de nombreux pays, les populations sont hélas gagnées par une lassitude telle, qu’elles ne sont pas disposées à concentir de tels sacrifices, parce qu’elles estiment avoir déjà donné.« 

Jean-Baptiste PLACCA.

Gbégnédzéanyi.

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15. déc.
2014
Analyses
5

Brasserie BB Lomé: un jubilé d’or à l’actif, et pourtant…

image À cinquante ans d’âge, on peut, sans craindre de se rendre coupable d’imposture, se faire appeler pépé; c’est-à-dire grand-père. Et un pépé, c’est quelqu’un qui doit pouvoir rassembler sa progéniture, et lui prodiguer des conseils. C’est un sage; quelqu’un qui ne peut pas plus se permettre certaines frasques. Mais si avec un jubilé d’or à l’actif, une firme de l’envergure de la brasserie BB LOMÉ se permet de se louper sur ses produits, je vous invite à vous désoler avec moi…

 

Regardez assez attentivement cette bouteille que voici. Elle est griffée « BRASSERIE BB LOME S.A. / PRODUIT DU TOGO.   Et quand moi j’entends BB LOME, je pense à cinquante années d’expérience. Je pense à un jubilé d’or. Je pense à une certification, synonyme de maîtrise de ce que l’on sait faire le mieux.

 

    Mais la bouteille que vous voyez, viens nous raviser que l’amateurisme garde malgré tout son mot à dire dans le fonctionnement de cette société.

 

À première vue, on crois savoir tout de cette bouteille. Mais je peux vous assurer que vous faites erreur; de cette même erreur qui n’arrange rien à l’image de la brasserie de mon pays.

 

Il y a quelques semaines, je faisais mon jogging hebdomadaire sur les aires de jeu du campus universitaire de Lomé, quand une jeune fille habillée aux couleurs de « youki » m’interpella. Je me suis arrêté et elle me tendis cette bouteille de consommable que vous voyez. Je lui demandai combien cela devrait me coûter. Elle m’a répondu assez gentiment que c’était un cadeau. Qu’il s’agissait d’un nouveau produit; d’une nouvelle trouvaille que la brasserie de mon pays venait de lancer et qu’elle s’était proposé de le faire goûter aux togolais; bref, ils étaient dans une phase de promotion. Je lui fis à mon tour, grâce de ma reconnaissance, puis nous nous séparons.

 

C’est seulement deux jours plus tard que je me rendis à l’évidence de ce qui était comparable à un foutage de gueule sans coefficient de réduction. À ma connaissance, un cocktail de fruit est un breuvage sucré, doux. Mais le youki cocktail de fruits auquel j’avais affaire n’avait rien de commun avec celui que les togolais ont connu jusqu’ici.

 

    Le liquide était fermenté,  agressif à la tempe et d’un parfum assez inhabituel. Cela me fit sursauter. Je retire alors le breuvage de ma bouche, pour m’assurer d’abord qu’il s’agissait réellement d’un cocktail de fruits, puis pour voir si le produit n’était pas avarié. C’est seulement à cet instant que le foutage de gueule se confirma à mes yeux. À aucun endroit de la bouteille, ne figurait de date de fabrication, et encore moins la date de péremption.

 

Quelle bêtise!!! Essayait-t-on de faire de nous des cobayes? Après cinquante années d’expérience?   Et dire que c’est cette même structure qui organise la fête de la bière chaque année dans notre pays… image

 

Avec, une publicité de ce genre, aurions-nous tort de nous interroger sur la qualité de la bière qui nous est servie à chaque année et dont petits et grands, mineurs et majeurs se délectent sur les plages de Lomé? Ce n’est qu’une simple question hein! Aussi, voilà que par les temps de fête qui courent, beaucoup de produits à la qualité assez douteuse circulent souvent sur les étales de nos marchés. Cette très vilaine publicité risque t-elle de faire faire à la BB LOMÉ d’assez bonnes affaires? Ce n’est également qu’une autre question aussi simple que la première hein!

 

Gbégnédzéanyi.

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Auteur·e

L'auteur: Arnaud BOCCO
Passionné de l'actualité, j'aime également manier la langue française. En outre, je suis juriste en gestation. Repousser indéfiniment les limites du possible et mythifier l'impossible, telle est la mission, le sacerdoce de notre génération.

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